Dans l'antiquité Gréco-Romaine, le livre existe déjà, sous une forme carrée. Il est composé de papyrus ou de parchemins assemblés par le fond et recouverts de parchemin. On l'appelle le codex.
Au Haut Moyen-âge (jusqu'au 15ème siècle), les reliures se font dans les monastères. Ce sont des manuscrits sur parchemins, et très enluminés. Les couvertures sont souvent massives, en bois (le carton n'apparaît qu'après) et des fermoirs sont utilisés. On y trouve des reliures d'orfèvrerie (plaques d'ivoire, d'or ou d'argent, pierres précieuses...), des reliures à cabochons (avec des clous) et des reliures d'étoffes (soie, velours...).
Au Bas Moyen-âge (15ème siècle) avec la découverte de l'imprimerie et du papier chiffon, le livre s'allège et se multiplie. On a alors des reliures monastiques (dos à très gros nerfs) et des reliures gothiques.
A la Renaissance (16ème siècle), le livre diminue en format. Avec l'influence de l'Italie, on peut trouver des reliures Aldines (la dorure est utilisée dans le décor avec les fers et les fleurons). Les reliures à la fanfare très décorées, viendront-elles s'ajouter à l'exubérance de ce siècle.
Le 17ème siècle commence donc par une richesse excessive du décor, avec des reliures royales, avec semis, en éventail... puis se termine par une sobriété elle aussi excessive avec la reliure janséniste (sans aucun décor extérieur).
Au 18ème siècle, les fers s'alourdissent et les décors aussi. C'est la fin des belles reliures avec l'apparition du cartonnage des ½ reliures et du Bradel (reliure d'attente cousue sur rubans, la couverture est en toile ou en papier).
Le 19ème siècle sera surtout marqué par le romantisme et son retour aux décors du Moyen-âge (reliure à la cathédrale...). On remarque aussi, avec les pastiches, une décadence décorative pour la reliure d'art et l'abandon du style conventionnel (le modern style et les reliures affiches).
Enfin, au 20ème siècle, la reliure a suivi les modes, de l'art moderne au cubisme. Une collaboration entre le décorateur, le relieur et le doreur est devenue obligatoire.
De nos jours, le relieur remplit le plus souvent ces 3 fonctions. De plus, une corrélation entre le contenu et le contenant (écrits et couverture) est devenue logique. La recherche de la perfection technique et l'emploi de matériaux de qualité sont aujourd'hui un souci majeur, surtout face à une reliure industrielle de plus en plus performante.
Un peu de vocabulaire...
Cul de lampe : dessin en fin de chapitre
Colophon : dépôt légal mis en dernière page
Dorure : elle se fait à l'or ou à l'oser (en couleur) et elle permet soit de titrer un livre (c'est-à-dire mettre l'auteur et le titre sur le dos du livre), soit de le décorer à l'aide de fers, de fleurons et de palettes.
Frontispice : titre imprimé à la première page du livre
Manuscrit : écrit à la main
Nerf : petite bande de cuir qui servait à l'origine à coudre le livre et à faire tenir les cartons
Vignette : tête de chapitre
